Les Français veulent davantage d’e-administration

Près de 9 personnes sur 10 interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics et Ernst & Young se disent prêtes à faire plus de démarches sur Internet et 61 % estiment que la France est en retard dans ce domaine. L’administration en ligne permettrait de gagner du temps, de simplifier et de réduire le coût des services publics.

Le développement de l’administration numérique, ou “e-administration”, figure parmi les objectifs maintes fois assignés par les pouvoirs publics aux politiques de modernisation des relations entre les services publics et les usagers. Récemment, dans le cadre du “choc de simplification” impulsé par le président de la République, la fluidification numérique des échanges entre les entreprises et les administrations s’est ainsi inscrite au cœur d’évolutions jugées essentielles.

Interrogés par l’Ifop pour Acteurs publics et Ernst & Young, les Français font preuve de jugements particulièrement favorables au développement de l’e-administration, et se montrent disposés à participer à cette évolution fondamentale dans le fonctionnement des services publics.

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Invités en premier lieu à lister les évocations que leur suggère l’administration numérique, les interviewés se focalisent sur des éléments liés à la rationalisation des rapports entre usagers et services publics. Ainsi, 57 % mentionnent le gain de temps que représente pour les citoyens l’e-administration, alors que 36 % évoquent une simplification des services publics, et une proportion identique, un moyen de réduire le coût des services publics. Économie, simplicité, rapidité : ces trois concepts traduisent une attente forte en termes d’efficacité accrue des services publics, attente qui se comprend d’autant mieux qu’on sait les Français très soucieux de voir l’État et toutes les administrations réduire leurs dépenses, de même que l’on connaît leur souci d’une amélioration des services rendus aux usagers (qui sont aussi des contribuables), s’agissant notamment de la vitesse à laquelle les services publics sont en mesure de traiter leur situation.

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Pas de fracture générationnelle ou territoriale

Si ces premiers résultats témoignent d’attentes fortes de la part des usagers, leur regard sur le niveau actuel de développement de l’administration numérique en France s’avère relativement sévère.En effet, 13 % seulement des personnes interrogées estiment que la France est en avance dans ce domaine par rapport aux autres pays développés, et 61 % pensent à l’inverse que notre pays est en retard, 26 % considérant que la France n’est ni en avance ni en retard. Dans le détail des réponses, on note que les proches de la gauche (18 %), mais aussi les cadres et professions libérales (17 %) et surtout les plus jeunes (23 % des 18-24 ans) sont les plus nombreux à noter une avance de la France.

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Le “retard” français dans la numérisation des échanges entre usagers et services publics est d’autant plus regrettable qu’une très large majorité des interviewés (89 %) souhaiteraient faire davantage de démarches administratives en ligne si c’était possible. 44 % se disent même “certains” de s’y adonner si l’occasion s’en présentait. S’il n’est guère de fracture générationnelle dans cette propension à utiliser de nouveaux e-services, on observe que les CSP – (ouvriers et employés) se montrent nettement moins promptes que les CSP + à faire davantage de démarches en ligne (40 % versus 58 %). Un écart se révèle aussi entre les zones rurales (43 % de personnes disposées) et les habitants de l’agglomération parisienne (56 %).

L’état civil loin devant

S’agissant enfin des domaines dans lesquels il s’agirait de développer l’e-administration, les Français sont prêts à accroître le champ des relations numériques avec les services publics, mentionnent en premier lieu l’état civil et la vie citoyenne, dont notamment le vote en ligne (59 % de mentions). De loin, cet aspect de la vie administrative domine les autres domaines où la numérisation pourrait se renforcer : la santé et la prévention (26 % d’évocations), l’emploi (24 %) ou encore l’action sociale (24 %) sont autant de services moins évoqués, certainement du fait des nombreuses démarches que les usagers ont déjà aujourd’hui la possibilité d’effectuer en ligne dans leurs rapports avec ces services publics.

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On relèvera toutefois que la hiérarchie n’est pas la même auprès des plus jeunes, qui sont nettement plus nombreux que la moyenne à citer l’emploi comme secteur prioritaire de développement de l’administration numérique(42 % des 18-24 ans évoquent ce secteur).

Damien Philippot,
directeur des études politiques au département “Opinion et stratégies d’entreprise” de l’Ifop

Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 1 002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 22 au 24 janvier 2014.

 

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